1, 2, 3, 4 jeudi (7)

Jeudi citation

vitesse« – Embauchez des golems. Quatre golems vous soulèvent n’importe quoi. Imprimez-moi des piastres pour après-demain et gardez les mille premières en prime.

– Pourquoi êtes-vous toujours aussi pressé, monsieur Lipwig ?

– Parce que les gens n’aiment pas le changement. Mais il suffit de procéder au changement suffisamment vite, et on passe d’un type de normalité à un autre. »

Monnayé, Terry Pratchett, p. 219 de l’édition Pocket

Jeudi une photo

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Jeudi 1, 2, 3, 4 liens

L’article d’Alice Maruani pour Rue89 qui va vous faire modifier vos notifications sur téléphone http://rue89.nouvelobs.com/2016/06/04/tristan-harris-millions-dheures-sont-juste-volees-a-vie-gens-264251

Les 7 véritables privilèges du prof par l’instit humeurs http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2016/06/19/les-7-veritables-privileges-du-prof.html

10 conditions pour rendre une activité d’apprentissage intéressante https://pbs.twimg.com/media/ClSTOdtWIAAMGgf.jpg via @Netpublic

Un Indégivrable de Xavier Gorce http://xaviergorce.blog.lemonde.fr/2016/06/24/le-vrai-du-fat/

Jeudi 100 mots de la page 100

connecté« Le garçon souffla tel un taureau enragé, et Connor sourit. C’était Hayden qui avait eu l’idée d’utiliser le terme « connecté », « fragmenté » et « déserteur » étant des étiquettes négatives que le monde leur avait collées.

– Tu devrais êtres experts en retournement d’opinion, lui avait dit Connor.

Ce à quoi Hayden , facétieux, avait répondu :

– A force de me retourner, j’aurais le tournis ; je finirais par vomir sur mes clients.

Hayden, Connor et Risa étaient les trois seuls connectés restants à avoir été abrités dans le refuge de Sonia, il y avait déjà bien longtemps. Cette expérience les avaient liés comme des amis de […] »

SHUSTERMAN, Neal. Les déconnectés. Editions le Masque, « MSK », p. 100

Pix : Citation Fancycrave ; 100 mots Geralt

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Juin

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Les fins d’années scolaires se suivent et ne se ressemblent pas.

Il y a trois juins, je terminais mollement l’année, un mois d’été sans but particulier ni Homme à la maison s’étendant dans mon avenir proche, un retard de gestion impressionnant au CDI qui constituait déjà une habitude.

Il y a deux juins, j’attendais, fébrile, l’échographie des trois mois qui nous donnerait des nouvelles et des images de celui que j’appelais encore l’Habitant, discret haricot dont si peu de monde connaissait l’existence, tout en terminant un projet long et lourd dont les dernières semaines m’ont couté la part pro d’une amitié, la part perso suivant bientôt. Tout mon être appelait à aux vacances pendant lesquelles mon univers se mettra à tournée autour de mon utérus et reprendra son orbite habituel qu’au mois de décembre suivant. Voir mars ou avril.

Il y a un juin, j’attendais des résultats de mut’ sans trop y croire, dans le secret pour l’essentiel. Je m’agaçais de mon mi-temps à chaque journée passées au travail, du travail de gestion de ma remplaçante, des 90% des tâches accomplies d’ordinaire sur 4 jours que je devais régler en 2. Et je me réjouissais de mon mi-temps à chaque matin avec mon fils, à chaque arrivée à la crèche pour venir le chercher, tout autant qu’à chaque départ pour une journée à m’occuper d’autres choses que de lui et de la maison.

Et ce juin, j’ai attendu les résultats de cette mut’ finalement négative avec ce poids lourds de l’incertitude collé à la peau au fil des semaines, le collège termine d’être secoué d’une année compliquée qui a vu des changements important au sein de l’équipe de Direction en pleine année scolaire, et le rythme ne s’est pas ralenti. D’ordinaire, juin se calme, les élèves désertent doucement les rangs, les séances pédagogiques sont limitées, je me recentre sur la gestion, les emprunts à récupérer, la saisie en catastrophe, quelque chose de l’inventaire…

Cette année, les journées ont enflé, visites et séances pédagogiques avec les CM2, sorties accumulées, les cours de 6e jusqu’au presque bout de l’année à cause des semaines ratées, et répondre aux urgences de gestion de l’établissement qui me fait penser à une tour de Kapla qu’une paire de main aurait réussi à saisir une fraction de seconde avant la chute. Elle plie, elle tangue, elle tient mais si on relâche ne serait-ce qu’un doigt, elle s’effondre. Et nous autres sommes tous et toutes un quelque chose de la pression qu’exerce chaque doigt.

Juin laisse d’ordinaire retomber lentement la tension d’une année scolaire. J’y retrouve ces tâches annuelles que, dans le fond, j’aime bien. Dans le fonds aussi, d’ailleurs. Et qui me permettent de glisser, lentement, vers juillet et les vacances. La tête un peu à l’année suivante. Et là voilà que je suis encore convoquée en formation les 23 et 30 juin – 23 et 30 juin ! – et que le bujo* ne désemplit pas. J’ai l’impression que je vais basculer en vacances comme on tombe d’une chaise.

Ces juins ne se ressemblent pas. C’est rassurant, alors que je sais que je vais entamer ma neuvième année dans ce collège dès le dernier jour d’août, alors que j’ai un paquet de dizaine de juins de profs à vivre encore. C’est rassurant, je dis, mais en fait je n’en sais rien parce que je ne sais pas grand chose. Je suis étourdie et ma tête passe son temps à classer par priorité les tâches à réaliser. Quelque chose me dit que c’est rassurant comme quelque chose me dit que je suis fatiguée.

Ce n’est pas si inconfortable, cet étourdissement, je dois l’avouer. Il simplifie presque les choses.

Et pendant ce temps, éclater de rire au matin parce que Peanuts, jouant, a installé son doudou dans la bouilloire. S’exclamer « Mais ça alors, Anatole serait donc un loir ! » et le voir sourire. Alors que non, pourtant, je suis sûre qu’il n’a pas encore pris le thé chez les fous. Et ainsi aller la vie de ce mois de juin-ci.

Notes de bas de page :

– Oui, j’ai fait ma blague de prodoc préférée, pardon, j’ai pas pu m’en empêcher.

* Le Bullet Journal, mon système d’organisation des tâches (Shaya en parle très bien)

– Photo par Yukihide

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1, 2, 3, 4 jeudi (6)

Jeudi citation

Espèce d’idiome ! — Ce que les Allemands font avec la main gauche et les Britanniques les mains attachées dans le dos,

les Italiens les mains dans les poches (con le mani in tasca), les Portugais, rois de l’acrobatie, un pied dans le dos

et les Espagnols sans se décoiffer (sin despeinarse), comment le font les Français ? Les doigts dans le nez !

Muriel Gilbert

Jeudi 1, 2, 3, 4 liens

Shaya est revenue du Pérou et maintenant c’est sur son blog qu’on wahou wahou : http://shayalandie.fr/tag/incas-et-lac-titicaca/

Georgia propose de parler « en plus » et des exemples de phrases retournées (j’adore)

Cet article sur les algorithmes de Fabebook est très intéressant je trouve http://rue89.nouvelobs.com/2016/06/02/enquete-lalgo-plus-flippant-facebook-264219

Et celui-ci qui fait réfléchir sur l’évolution des publications sur Facebook, puisqu’on parle de lui http://rue89.nouvelobs.com/2016/06/13/alice-is-a-piscine-cest-fou-quon-pouvait-poster-facebook-debut-264318

Jeudi une photo

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Jeudi 100 mots de la page 100

« …à transporter sous cette forme. Il faudrait qu’il voit exactement combien ils…

On frappa délicatement à la porte, et Gladys entra. Elle portait avec luxe de précautions une assiette de casse-sroûte au jambon, très, très aminci comme seule Gladys savait les amincir, c’est-à-dire en coinçant un jambon entre deux miches de pain et en abattant violemmentdessus sa main de la taille d’une pelle.

« J’Ai Pensé Que Vous N’Auriez Pas Pris De Déjeuner, Monsieur Le Receveur, gronda-t-elle.

– Merci, Gladys, dit Moite en se secouant mentalement.

– Et Le Seigneur Vétérini Est En Bas, poursuivit Gladys. Il dit Qu’Il N’Y A Pas Urgence. »

Monnayé, Terry PRATCHETT, pocket, p. 100

Pense pas bête

Ambre to dolistpix by Adrienne

– Briquer les cuivres jusqu’à y voir tête six pieds de long pif à la Jacquouille miroir déforme, gondole, insister sur les embouchures

– Battre le pavé à lui en faire mal, semelles de bois contre petits bouts de briquettes polis à la nonchalance des traines savates et/ou des rêveurs

– Chapeauter (casquer ? képiter ?) les débraillés musicaux avec visières et paratonnerres

– Fanfaronner majesticieusement (départ 14h30)

Note de bas de page :

– Participation à l’atelier d’écriture du mois de juin du blog à mille mains, sur le thème « todolist« . Toutes les participation à retrouver ici.

 

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Papillon

chrysalide

pix : nuzree via pixabay

On y est.

J’ai pas muté.

C’est pas grave, hein. Je ne me sens pas vraiment mal au Petite Collège de la Rive Droite du Fleuve-sans-eau. Il y a même des tas de moment où je m’y sens vraiment bien. Il y a les collègues avec qui je suis contente de pouvoir prévoir de travailler l’an prochain.

C’est pas grave, non. C’est même pas vraiment décevant parce que je savais ce que valait mes points, mes vœux, alors je m’attendais aussi à cela. Je n’étais pas partie dans ma tête. J’ai été sage.

C’est pas grave, ça me lâche du leste pour la fin d’année. Finalement, cet ultime carton à saisir, il n’est plus si urgent. La micro-signalétique qui prend un temps fou, elle pourra attendre un peu. Et le bordel dans la Réserve… Et bien, moi, je m’y repère, alors…

Non, c’est pas grave. C’est même plutôt rassurant, pas de saut dans l’inconnu, mes repères qui sont bien en place.

J’ai pas muté et sans le vouloir, je commence à me projeter. Pourquoi pas envisager un espace ludothèque ? Et ces projets lectures, pourrait-on pas les combiner pour quelque chose qui touche moins de classe mais les touche mieux ? Quant à mon bureau, il y a cet aménagement qui me trotte dans la tête depuis quelques temps, il se teste, non ?

J’ai pas muté et ce mot me fera toujours indubitablement pensé à Kafka, par synonymie. Peut-être ai-je échappé à un gros coup de cafard, allons savoir.

Maintenant, j’ai une année scolaire à terminer.

Floue

flou

pix : Petr Kratochvil

Quelques jours seulement et je suis un peu sonnée.

Il s’est passé des Choses au Petit Collège. Il se passe des choses depuis des mois mais il y a eu comme une déchirure, brutale, inattendu, un retournement digne d’une série B, un côté happy end digne de la meilleure chick lit.

Il y a eu une sorte d’euphorie, celle qui se répand en douce quand arrive un soulagement soudain, ce sourire communicatif qui se déployer dans l’équipe. Il y a cet optimisme général, cette bonne volonté réapparue.

Je me suis réjouis, avec les autres, j’ai été enthousiaste, j’ai été emballée. Mais en même temps, j’ai été tendue, stressée par cette fin d’année, par son calendrier, oppressée par les besoins, les urgences, les contre-temps.

Et maintenant, je me sens sonnée.

Les Choses ont été rapides, presque violentes. Et voilà que sans transition il faut mener cette année scolaire jusqu’à sa fin.

Il y a ce poids qui ne quitte plus aucun de mes gestes au CDI : qui sera à ce poste l’an prochain ? Et je serai où, moi, à la prochaine rentrée ? Cette attente me soulève petit à petit le cœur, prend presque toute la place. Que je reste, que je parte, mais bon sang, que je sache ! Avez-vous idée du nombre de « l’an prochain » qu’on prononce entre mai et juin dans un établissement scolaire ? Et moi, je me sens pas légitime dans la projection, dans la participation. Et rester à la marge ne me convient pas si je dois rappeler ensuite que j’existe.

Je marche sur des œufs. Je n’arrive pas à partager pleinement le sentiment de soulagement, de sécurité, de mes collègues. Après tout, il y a tout ce qu’on ne sait pas, à la marge, cet inconnu. On ne nous a pas laissé prendre nos repères, le temps n’a pas le temps.

Alors je flotte. Et je me sens floue.

Note de bas de page :

– Celleux qui savent plus précisément ce qui s’est passé, merci de ne pas en parler clairement dans les commentaires. Identification, anonymat, tout ça, tout ça. Merci les toons.