#2017creatif n°1

En janvier, j’évoquais mes envies pour 2017. Parmi elles, je parlais de créer. C’est un processus compliqué, je trouve, la création. Écrire, dessiner, peindre, fabriquer, traficoter, bidouiller, construire, concevoir… La plupart du temps, je l’ai vécu comme quelque chose qui se faisait un peu malgré moi, je me sentais à la fois véhicule et source d’énergie mais il y avait une part de force comme extérieure à moi qui s’imposait.

Une des caractéristique de ce processus, chez moi en tout cas, c’est que plus on l’alimente, plus il est actif et qu’à l’inverse, moins on en fait, plus il sommeille.  Et clairement, je ne l’alimente plus guère depuis un bout de temps. Faute de temps à lui consacrer, et faute de tout ce qu’il demande. La disponibilité d’esprit, l’énergie, la fantaisie.

Décider, en janvier, de participer au #2017creatif d’Aevole, c’était une intention que je ne savais pas trop comment faire suivre de faits. Une part de moi se disait que le processus créatif finirait bien par demander son dû mais il ne s’est pas laissé si facilement amadouer. Il faut dire que je l’ai fait taire à grands coups de pieds au cul, aussi…

Il va donc falloir que je le séduise, lui fasse du charme et le pousse à repointer le bout de son nez. Alors voilà, j’ai fait plus délirant, plus chiadé, plus marrant, plus fantaisiste, mais j’ai également joué dans des zones plus confortables pour moi. Pour mon premier #2017créatif, j’ai mis en images et en couleur la recette des Cookies de Lunereveuse que je garde sur mon frigo avec quelques autres. Jusqu’ici, c’était un coin de page de cahier arrachée. C’est un peu plus sympa de garder celle-ci dans ma cuisine.

 

wp-1487345269275.jpgVoilà, n°1 de #objectif24

Crayons couleurs et pilot vball

Enregistrer

Publicités

1, 2, 3, 4 jeudi (10)

Jeudi citation

kiss« XXXX: Mon ami Amir à besoin de soin, il es malad, vire-moi 200$ sur mon compte bamcair. Je te promé de te lé rendre.
Erydien: Il a une maladie contagieuse ton ami ?
XXXX: Oui tré contagieuse envoi moi vite à cet adress banqér: XXXXXXXXXXX
Erydien: Et bien embrasse le de ma part. »

Dans Ton Chat

Jeudi réel à prise rapide : 16 février – Aujourd’hui liste à faire sans faute demain

2937239799_cdd0bec5ca_mLaver les draps, plier le linge, étendre le temps au soleil, guetter le printemps. Remplir le frigo, les placards,  le garde manger, vérifier qu’il ne contient pas de loup ou alors qu’il reste suffisamment le poireaux et de carottes pour le cuisiner. Ecrire quelques mots, ouvrir un livre, faire vivre le jour, être. Aimer, des gens, des choses, des goûts, des moments, des lumières, un chant. Travailler, lécher, avancer, préparer, faire progresser. Retrouver, serrer, embrasser, discuter, tenter de se faire partager, reprendre. Et surtout des listes.

Jeudi une vidéo

Jeudi (pas tout à fait) 100 mots de la (pas tout à fait) page 100

chouette« […] matin, rentre tard et ne pose pas trop de questions.

Devant la bergerie, une fille en minijupe s’étirait langoureusement. Elle était jeune, belle, avec des jambes sans fin et des seins moulés dans un tee-shirt « Savage Girl ». Gabriel baissa la tête, Vincent esquissa un petit sourire. Il coupa le moteur et sortit de la voiture.

-Passe me voir au potager, j’y suis tous les matins à l’aube. Tu veux mon numéro de portable en cas de pépin ?

– Je n’en ai pas. Pas de téléphone, je trouve que ça ne sert à rien….

– T’es vraiment pas banal, Gabriel.

– Il paraît. »

WITEK, Jo. Le Domaine. Actes Sud Junior, 2016. p. 99

(La page 100 est blanche)

Notes de bas de page :

– Vidéo par Fabrice de Boni et Axel Lattuada via Youtube

– Pix : Smiley Fabian Alexis via Wikimédia Commons ; Post-it par Georgio Montersino via Flickr ; Chouette Athena Noctua par Trebol-a recadrée par Tony Wills via Wikimédia Commons

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

15 février. Aujourd’hui serrer

Aujourd’hui, serrer les bras un peu dans le vide, comme ça, parce que l’enfant loup n’est pas là, qu’il est parti avec son grand-père et pas qu’un peu, pour deux nuits, oh la la comme c’est long de l’écrire. Serrer les bras sur son absence pour retenir le temps qui file étrangement, un peu boiteux, un air bancal, quelque chose qui cloche, déséquilibre, trop d’un coup. Serrer les dents, un peu, aussi, parce qu’il répétait « non pas », contre y aller, contre le voir, contre les voir. Serrer les dents sur les trois brefs appels à l’Homme aujourd’hui, ce qui-va-pas dans notre communication en ce moment, y a pas faut qu’on s’dise. Il n’entend pas assez et moi j’entends trop, ça arrive, ça arrive. Serrer, je ne sais quoi, là, dans le ventre, d’avoir le vertige d’être seule, d’être renversée d’un peu de liberté, serrer les genoux pour ne pas que tremble un peu les jambes, puis fermer les yeux, là, juste un peu.

1, 2, 3, 4 jeudi (9)

Jeudi citation

blues« Quand tu joues du blues, Minnie, c’est comme si tu riais et pleurais en même temps. Le blues, c’est comme un tout petit nuage dans un beau ciel d’après-midi. Un petit nuage, tout fin, tout blanc, mais qui te serre le ventre, sans que tu saches trop pourquoi. Tu comprends ? Mais le blues, c’est aussi comme une éclaircie qui travers un orage ou comme une cerise juteuse sur un gâteau trop sec. Ça… Ça peut te faire rie aux éclats quand tu devrais tomber, les genoux dans la boue. Tu vois ? »

KOËGEL, Tristan. Bluebird. Didier jeunesse, 2015, p. 7.

Jeudi nombril

Depuis le début du mois de janvier, je m’intéresse à comprendre pourquoi je ressens cette envie peu contrôlable de me ronger les ongles (et la peau autour des doigts). Je pensais le faire essentiellement quand je suis stressée et que je ne me sers pas de mes mains. Et bien ce n’est pas si vrai. Je le fais essentiellement quand j’attends et que je m’impatiente. En voiture quand ça bouchonne (voire aux feux), en particulier sur le chemin du retour du travail alors que Peanuts m’attend à la crèche, dans les files d’attente si je suis pressée, quand je suis prête et que j’attends que Celuiquej’aime le soit (donc très souvent), quand j’attends que Peanuts se décide à insérer ici environ tout ce que je lui demande de faire dans une journée (ex : à descendre de la voiture pour qu’on rentre à la maison)

Finalement, je me ronge les ongles parce que je ronge mon frein.

Jeudi une photo

17-01-16-3

Peanuts par Peanuts,

autoportrait au téléphone, 16 janvier 2017

Jeudi 100 mots de la page 100

« 18 avril 1945.

Paris.

rose-beautiful-beauty-bloomJ’ai choqué une femme de chambre. Ou quel que soit le titre qu’on leur donne en France ! J’ai oublié d’accrocher le panneau « Ne pas déranger » sur la porte, et elle est entrée pour faire le lit et nettoyer la salle de bains. J’étais assise à la petite coiffeuse, que j’avais tirée devant la haute fenêtre, et j’écrivais toute nue. Certes, je m’étais enveloppée de cet incroyable dessus-de-lit en soie, mais il a glissé de mes épaules quand je me suis retournée pour voir qui entrait.

Seigneur ! nous étions toutes les deux tellement GÊNÉES ! Je ressemble à un cadavre. »

WEIN, Elizabeth. Roses sous les bombes. Castelmore, 2015. p. 100

 

Note de bas de page :

Crédits photos : 1 – Billy Branch par Guido Nardy via Flickr ; 4 – Rose via pexels