28 avril. Aujourd’hui, le confort c’est

Poire William à 40 degrés, mes doigts… se rétament aux touches du clavier. Léger, léger, léger, léger… vague à l’âme.

Panne d’écriture. Les mots d’Higelin s’écrasent alors sur les miens. Il y a ce truc qui grippe l’écrit, qui accroche dans l’exercice. Ça rappe, ça ripe, ça coince.

Le confort, c’est savoir écrire quand on en a le temps.

Non, confort, c’est en avoir le temps quand on sait écrire.

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1, 2, 3, 4 jeudi (12)

 

Jeudi incipit

(Le prochain de ma « pile à lire »)

« Chapitre I

Pouvoirs et mensonges

Elle… flottait. En chemise de nuit, à un demi-kilomètre du sol. Ce qui a priori n’étais pas une situation tout à fait… normale.

Tara déglutit, agita un peu les pieds, et à son grand soulagement ne tomba pas.

D’accord. 

Elle était en train de faire un songe pour la moins bizarre. Elle rêvait qu’elle volait au-dessus… d’une autoroute ! Soudain, à sa grande frayeur, elle plongea et survola une puissante limousine noire, se déplaçant sans effort à la même vitesse. Il faisait nuit et la lune illuminait paisiblement les villes et villages endormis du Sus-Ouest de la France. A l’intérieur de la voiture, quatre formes sombres restaient calmes, prudemment respectueuses du silence de la cinquième. Qui éclata soudain de rire, les faisant tressaillir. 

– Enfin ! jubila l’homme. Quel honneur et quel plaisir d’être celui qui va détruire la puissante Isabella Duncan ! Nous serons à Tagon dans quelques heures. Nous attaquerons la nuit prochaine. Tenez-vous prêts !

Tara sursauta. Isabella Duncan ? Sa grand-mère ? »

AUDOIN-MAMIKONIAN, Sophie. Tara Duncan : les sortceliers. Seuil, 2003.

Jeudi 4 Ghibli

Une recette : la soupe de Ponyo sur la Falaise, par Mère Geek

Un carnet ? Je ne sais pas lequel choisiiiiiiiir (pour mon prochain bullet journal). Même si celui-ci me parle pas mal.

Mot d’enfant : Peanuts a enfin vu Mon voisin Totoro en entier. Et il l’appelle « Rotro ». Mais surtout, les chapitres qu’il demande en boucle c’est ceux où on voit « la maman bleue ». Ce môme me décontenance.

Dame ambre a trouvé ceci. On les veut !

Jeudi une photo 

Guirlande bidouillée par lili

Jeudi 100 mots de la page 100

« …de votre discrétion, Monsieur Malaussène.

Son style m’emmerde. Je le lui dis. Je lui dis aussi que les conditions ont singulièrement changé. Il pleut des bombes dans son Magasin. La police cherche un bombardier. On passe au crible les sujets de mécontentement de tous les employés. Et celui qui a la plus mauvaise presse, c’est moi, puisque je me fais engueuler du matin au soir. Il ne me paraît donc pas monstrueux d’expliquer clairement ma situation au super flic, pour qu’il n’aille pas s’imaginer que je passe mes nuits à piéger la boutique pour me venger de mes déboires diurnes. »

PENNAC, Daniel. Au bonheur des ogres. Gallimard, « Folio », 1985. p. 100

Pix by… 1. Werner22brigitte via Pixabay ; 2. Kyla Duhamel via Flickr ; 3. Moi ; 4. Jeangagnon via Wikimedia Commons

1, 2, 3, 4 jeudi (11)

Jeudi citation

« Les petites filles obéissantes vont au paradis. Les autres vont où elles veulent »

Carte postale

Jeudi mammouth

Je n’ai jamais vraiment fait publicité à mon compte sur le réseau de l’oiseau bleu ici, notamment parce que j’y ai un compte privé et que je suis loin d’accepter toutes les demandes d’inscription. Pourtant, j’y passe du temps et j’y échange beaucoup. Et voilà qu’un nouveau réseau social a fait son apparition : mastodon. Si vous êtes un peu geek, que vous connaissez des geeks, ou que vous vous intéressez un peu à l’actualité d’Internet, vous en avez sans doute entendu parler.

Il s’agit d’un réseau social décentralisé et open source, qui ressemble pas mal à Twitter (et même plus précisément à Tweetdeck dans son interface) : il s’agit de microblogging mais on a 500 caractères au lieu de 140, les pouets (équivalent des tweets) s’affichent dans l’ordre chronologique, et surtout, on peut ajuster la confidentialité de chaque pouet. C’est-à-dire qu’on peut décider que tel pouet sera partagé avec l’Internet mondialement mondial mais que le suivant ne le sera pas.

Si vous voulez en savoir plus, cet article présente bien la bestiole et celui-là donne les principaux mots de vocabulaire à connaître. Il y a plein de choses en ligne, comme cet article pas mal de TV5monde et ce tuto pour s’inscrire, je vous laisse chercher le reste.

Personnellement, j’ai adopté le mammouth. Je suis lizly@mamot.fr (j’ai choisi l’instance de la Quadrature du Net) On se retrouvera peut-être là-bas.

Jeudi une photo

Sous les galets, la plage.

Une photo qui s’est prise toute seule.

Jeudi 100 mots de la page 100

« …j’ai la crainte terrible qu’ils aient fini la course depuis longtemps et qu’ils soient sortis faire du jonglage avec un brassard ou envoyer des SMS à leurs copines. C’est pas fair-play !

Mais j’entends avec soulagement des bruits d’éclaboussures derrière moi. Le nœud d’angoisse dans mon ventre se dénoue. Au bout de longues secondes, la main de Peter s’abat près de la mienne, puis celle de roman de l’autre côté, une seconde plus tard. roman est tout essoufflé et a l’air réellement impressionné. Même Peter se fend d’un haussement d’épaules pour admettre ma supériorité. Je souris. Louise Brown est de retour. »

LUURTSEMA, Nat. Moi et les aquaboys. Gallimard jeunesse, 2016. p. 100

Traduction d’Emmanuelle CASSE-CASTRIC

Pix by… : 1 – Moi ; 2 – Clker-free-vector-images via Pixabay ; 3 – Moi ; 4 – Pexels via Pixabay

12 avril. Aujourd’hui ils vont bien ensemble

Virée en jardinerie, des plantes et des soucoupes, des pots et du terreau, l’enfant lion dans le panier du chariot qui dirige et désigne, qui nomme sans cesse, précise, affine et qui s’approprie tout « A moi ! » Moi même, je suis « Ma Maman », ou même « Maman Peanuts », comme sa propriété. Il me crie, me veut, avec cette force violente de l’instantanéité. Il rend peu, un enfant, n’a aucun égard pour mes efforts, le temps données, l’énergie investie, la volonté livrée. On se mal traite à l’espace vide alors j’emplis, prépare, propose. Il s’approprie, détourne, recompose les activités invitées. J’admets, j’accepte, je lâche, apprends à me désarmer quand je me sens braquée. Quelle école que cette vie auprès de lui.

 Ils vont bien ensemble, les petits pots qu’il a choisi.

Mercredi, 21h57.

Mercredi, 21h57. Je pose mon sytlo, un niceday liquid roller 07. Rouge. La pile de copies mesure pas loin de 4 centimètres, ramassées depuis vendredi seulement, et toutes ne sont pas là. Contrôles, recherches. Et encore, je n’ai pas reporté les notes…

Derrière moi, l’étendoir, vidé ce matin, supporte deux grosses lessives. Dans la cuisine, le lave-vaisselle ronronne pour la deuxième fois aujourd’hui. Dans sa chambre, Peanuts dort. Enfin, et je ne sais pas pour combien de temps. Un virus de passage. Dans son organisme, dans nos vies, dans nos nuits.

J’arrive au bout de cette journée les côtes serrées, le dos lourd et une forme de colère sourde dans la poitrine. Parce que ce mercredi, je l’ai passé à négocier avec mon fils parce qu’il a deux ans et que tout est objet à trouver un terrain d’entente, parce qu’un terrible two est usant, qu’une terrible two chez un enfant un peu malade est épuisant. Parce que j’ai fait tourner et étendu deux lessives, que j’en ai plié une autre, alors que dans notre répartition des tâches, ce n’est pas à moi, mais je n’ai pas assez de vêtements pour terminer la semaine, alors. Parce que la météo annonçait l’apocalypse pour cet après-midi, que je l’ai écoutée, qu’il n’est pas tombé une goutte, que ça a foutu en l’air un rythme d’ordinaire plutôt rodé. Parce que circuler en voiture dans cette ville pourrait être une plaie d’Egypte. Parce que l’enfant cahouette malade est un enfant glu. Parce qu’il faut que Peanuts voit sa doc, que c’est encore moi qui me suis occupée de prendre rendez-vous, et que je vais devoir l’emmener vendredi après-midi. Parce que je me retrouve à corriger des copies à partir de 20h30 parce que c’est ingérable autrement. Parce qu’au boulot de Celuiquej’aime, ils poussent le bouchon et qu’il est rentré à 19h15, encore. Parce que j’ai commencé ma journée à 6h30 parce qu’il ne s’est pas levé alors que lui devait le faire un quart d’heure plus tard pour aller bosser. Certes, l’enfant appelait Maman, mais.

Je suis en colère non pas contre Celuiquim’accompagne mais contre cette situation qui fait que si je n’accomplis pas mes tâches, je mets le ménage dans la merde, que s’il n’accomplit pas les siennes, il y a un joker : moi. Moi dont l’emploi du temps permet de passer à Casino, assurer deux lessives, deux lave-vaisselles, la préparation de deux repas et m’occuper de Peanuts, lui proposer des activités, notamment à l’extérieur, tout cela dans la même journée. Moi dont l’emploi du temps permet d’avoir un créneau chez le médecin pour Peanuts.

Sauf que je ne travaille pas à temps partiel : cet emploi du temps, c’est mon plein temps. Mes journées, demi journées de libres, elles sont censées d’une part m’aider à encaisser le rythme de celles où je suis au collège, d’autres par à préparer mes cours et corriger mes copies avant 20h30. De la même manière, si les enseignants ont les vacances scolaires, ce n’est pas uniquement parce que les élèves en ont besoin…

Parce que mes tâches, pour beaucoup, c’est m’occuper de Peanuts. Que je ne peux pas prendre du retard, reporter, décaler, faire à mon rythme.

Je suis en colère d’arriver à tout gérer, je suis en colère de m’en sortir à chaque fois, même si c’est en grinçant des dents.

Je suis en colère parce que si je me retrouve dans cette situation, dans cette dynamique, c’est aussi parce que je suis une femme. Je paie ma condition féminine. Même si je vis avec un mec pas dégueu en la matière, qui assure la moitié des tâches ménagères, connait la pointure de son fils et sait demander à une vendeuse comment se lave un modèle avant de l’acheter, qui appelle la crèche, transmets les infos, se débrouille pour se libérer quand j’ai une réunion au boulot et pour que j’aille voir mon psy, ne critique jamais le menu quand je suis en charge du repas et ne ramène pas ses potes pour boire des bières en regardant le foot sur notre canapé. Mais il y a ces siècles de pression et de conditionnement dont on ne se sort pas comme ça.

Et je suis en colère parce qu’il n’y a rien à faire contre ça. Parce que je resterai prof alors que Celuiquej’aime ne l’est pas, parce que je continuerai d’anticiper que je n’ai pas 7 culottes propres alors qu’une semaine est prévue avant la prochaine lessive, parce que notre médecin continuera de ne pas recevoir de patients le samedi matin, parce que je resterai femme.

Me reste à trouver comment ne pas rester en colère.