1, 2, 3, 4 jeudi (15)

Jeudi citation

« De plus, vous m’accusez de légèreté, mais il me semble que c’est vous qui parlez bien légèrement du « metier de l’art » – comme on dirait « le métier des armes ». Un métier ! Est-ce seulement possible que c’en soit un ? A moi, il me semble qu’un métier ne vous engage qu’à demi, et ne vous procure, s’il est bien fait, qu’une petite satisfaction d’amour-propre. On y renoncerait cependant bien volontiers en échange de la garantie d’être payé toute sa vie à ne rien faire […]. Mais l’art, à l’inverse, ne se troque pas contre l’argent. Je n’ai jamais rencontré un peintre qui dise sincèrement : « Qu’on me donne une rente de mille frances et j’arrête de peindre ! » Donnez mille francs à un peintre, il les dépensera en peinture, en toiles, en voyages, et peindra deux fois plus. Supprimez-lui cette rente, il volera ses toiles, fabriquera ses couleurs, mendiera son pain, et peindra toujours.« 

PERCIN, Anne. Les Singuliers. Editions du Rouergue, « Babel », 2014. p. 102

Jeudi une recette

Recette de mousse au chocolat archi facile, légère et même veganne, découverte grâce à une copine et collègue.

1 – Faire fondre 200g de chocolat noir pâtissier.

2 – Dans un mixeur, déposer 400g de tofu soyeux et le chocolat fondu. Mixer pendant 1 bonne minute.

3 – Réserver au frais pendant 4h minimum, depuis la veille au mieux.

Voilà. C’est tout.

Jeudi une photo

Aux pieds de Maguelonne

 

Jeudi 100 mots de la page 100

« …gros câlin qui sentait la pomme. Le chat de la coloc est revenu se glisser dans nos pattes, juste parce qu’on était sur son chemin en allant vers la fenêtre. Celle-ci était ouverte. Le matou a sauté sur le rebord et s’est mis à caresser de la tête les rambardes en fer forgé

– Il est en repérage, c’est ça ?

– Oui, ça fait partie de ses plans. Mais le sixième étage, c’est un peu haut. Il hésite, à mon avis.

– Dégonflé. Il s’appelle comment ?

– Friponnet.

– Non ? Mais c’est ridicule ! Il a raison de fuir. Vas-y, mon gros, je suis avec toi ! »

PERCIN, Anne. Comment maximiser (enfin) ses vacances. Editions du Rouergue, « doado », 2017. p. 100

 

Pix : 1 – Van Gogh peignant des tournesols, Paul Gauguin, huile sur toile, 1888 via Wikimédia Commons ; 2 – Einladung_zum_Essen via Pixabay ; 3 – Moi ; 4 – Alexas_Fotos via Pixabay

 

Publicités

Aujourd’hui, envie d’être à

Au travail, cette fin d’année refuse d’en être déjà une et cela devient pesant. Entre cette fin officielle des cours placées une semaine après le début de juillet, et la liste des choses à boucler avant de passer aux tâches de fin juin qui n’en terminent pas de s’allonger, je suis mal à mon aise. Je repousse et m’inquiète pour la fin tout en menant de front trop de ces trucs qui occupent mon temps et mon esprit plus que je ne voudrais avoir à supporter.

Avec Peanuts, on est dans une de ces phases où tout s’accélère. Il a décidé d’abandonner les couches, comme ça, vendredi dernier. Et ça marche. Il y a aussi tout ce qui est moins visible pour beaucoup. Comme ce matin, il a participé un peu aux chansons de gestes pendant l’heure du conte à la bibliothèque alors qu’il est toujours resté spectateur appliqué dans sa discrétion jusqu’ici. Il parle à des adultes qu’il ne connait pas ou peu, sans qu’on le lui demande, conseille, l’y encourage. Il réclame la présence d’autres enfants. Il mime des gestes (ramasser au sol des lunettes de protection, des gants, un casque, et les enfiler un à un avant d’empoigner son marteau-piqueur fait de briques duplo), il projette, imagine, décide. Il grandit. Et en même temps, il régresse sur certaines choses, comme s’il était trop difficile de mener de front toute ces histoires de pipi, pot, toilettes-des-grands, échanges, bisous, bonjour, je veux, c’est moi qui fait, et demander un objet au lieu de gémir en le désignant vaguement, ne pas entrer en opposition systématique avec sa mère, manger ce qu’on propose, ne pas inonder la salle de bain… J’ai du mal à m’adapter à ces changements fulgurants qui demandent de nombreux réajustement et supporte très mal certains retours en arrière bien que je sache qu’ils sont logiques et passagers.

Je ressors de ce mercredi rincée. J’ai côtoyé les agacements prodigieux, les attendrissements extrêmes (« Maman moi t’aime »), les exaspérations fulgurantes, les fiertés étourdissantes, auprès de mon fils et à côté de cela, sa sieste a pour l’essentiel était consacrée à régler diverses questions de boulot, que j’ai rêvé du travail cette nuit, que je vais m’y remettre.

Finalement, aujourd’hui, j’aurais eu envie d’être à la fin de la semaine prochaine, ou de la suivante, une fois que tout cela se sera tassé. Ça fera du bien.

10 juin. D’aujourd’hui, j’oublierai certainement demain que

Il a fait chaud. Cette chaleur moite qui leste mes mollets de tonnes d’acier, scier du bois, bois de lit. J’ai pris le frais tôt, trop tôt, endormissement impossible à nouveau, les peintres singuliers pour compagnie dans mon salon. Cette petite toux de nuit qui me suit depuis quelques jours, disparaissant la journée, m’ennuyant une fois couchée seulement. Puis il y a le frais la clim alors qu’on a roulé plus que nécessaire finalement, l’ordre du jour de l’AG de copropriété récupéré ce matin et roulé sous un siège de la voiture. Tout cela va sans doute finir sous un grand jet d’eau froide.