1, 2, 3, 4 jeudi (16) spécial Pennac (plus une photo et un tantinet de Brassens)

Jeudi citation

C’est Verdun, avec ses six mois d’existence et de colère, Verdun et ses petits points serrés face au monde. […]

– Pourquoi cette robe ? Verdun se marie, elle aussi ? […]

– Mais non, Benjamin, tu le sais bien, voyons, c’est le jour de son baptême aussi.

Ah ! Pardon, j’avais oublié ce détail. Pour se marier religieusement, Clara a dû se faire baptiser et a décidé d’entraîner Verdun dans la course aux auréoles. En apprenant ça, les mirettes du Petit se sont arrondies de convoitise derrières ses lunettes rouges ; il a supplié :

– Moi aussi, je veux me faire pactiser…

Là, tout de même, je me suis montré intraitable :

– Tu pactiseras quand tu auras l’âge de raison Petit, comme Verdun !

Car j’en suis convaincu, Verdun, dans sa fureur première, est née avec l’âge de toutes les raisons. Et si j’ai donné mon accord, c’est qu’il me paraît peu probable qu’on arrive à la baptiser sans le sien. Elle bout de rage, Verdun, elle va faire évaporer le bénitier ! »

PENNAC, Daniel. La petite marchande de prose. Gallimard, « Folio », 1989. 402 p. (p. 58)

Jeudi citation bis

– Je ne voudrais pas te raconter mes campagnes, mais en 44, avant Monte Cassino, les Anglais m’envoyaient souvent derrière les lignes allemandes, du côté de Medjez-el-Bab, dans les montagnes tunisiennes. J’étais déjà noir à l’époque, je me fondais dans la nuit, j’avais du plastic plein ma musette, et j’éprouvais la même chose que toi aujourd’hui : un déplaisant sentiment de clandestinité.

– Tu avais au moins l’honneur pour toi, Loussa…

– Je ne vois pas ce qu’il y a d’honorable à chier dans son froc en écoutant les buissons parler allemande… Et puis, je vais te dire une bonne chose : l' »honneur » est une question de perspective historique. 

(idem p. 159)

Jeudi une photo

« …contre un coin d’parapluie, je n’perdais pas au change, pardi » (Brassens)

Jeudi 100 mots de la page 100

…bec en attendant : ai-je du talent, madame, ai-je du génie ?

– Un beau brin de plume, en tout cas, mon cher Joinville, je suis obligée de le reconnaître ; suivez mes conseils et vous volerez plus haut que certains… Ah ! vous voilà, Malaussène ?

La Reine Zabo congédie le jeune écrivain, le renvoie avec son manuscrit pour six mois de travail, et m’introduit dans son bureau – ou faut il dire son filet ?

– Asseyez-vous, mon garçon… Le petit Joinville, là, vous avez déjà lu quelque chose de lui ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

– Si je m’y connaissais en parfum, je reconnaîtrais peut-être son after-shave.

(idem p. 100)

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