Rentrées

Je suis rentrée et déjà, tout fourmille. Le CDI bourdonne d’élèves, beaucoup, en trois journées incomplètes, la fréquentation moyenne de l’année dernière atteinte, des nouveaux, des anciens, une reprise qui a le son de retrouvailles. Pour les élèves comme pour moi, les habitudes installées qui nichent de nouveau, là, sans transition, on s’est quitté hier. Les nouveaux se fondent si vite, c’est bien la première fois que la rentrée est si fluide.

Ces quelques murs et ses piliers, je tente d’y apporter un regard neuf et réalise tout en même temps combien je le maîtrise sur le bout des ongles, mêmes dans ses sons. L’un de mes chevaux de bataille de l’année sera d’obtenir qu’on le repeigne. C’est ambitieux, si vous saviez, d’obtenir une telle chose. Presque envie de contourner le système, de contacter les parents d’élèves, trouver une poignée de volontaires pour manier le rouleau, lancer une cagnotte pour trouver les fonds et y consacrer trois jours pendant des vacances. Peut-être que j’y finirai. Jouer dans les règles, déjà, commencer par cela.

Voilà une rentrée tout de même bien confortable.

Peanuts apprend, lui. Il a découvert son école, ses maîtresses, son ATSEM, le cartable, le tablier d’écolier. On apprend le nouveau chemin, court comme pour la crèche, différent tout de même. Demain, il fait sa première journée « pour de bon », cantine et garderie du soir inclue. Il est enthousiaste, fière même, « Mais les DEUX maîtresses », « Moi l’ai fait la t’escalade »… On garde nos réserves pour nous, un peu d’inquiétude de les savoir 30 dans la classe, un peu de retenue avec l’impression, tout de même, de le lâcher dans une arènes. Je garde cette confiance en lui chevillée au corps, celle que j’ai depuis sa naissance, qu’il est capable. Pas de tout, seul, futur dominateur du monde. Non, capable de réaliser ce qu’il décide et ce qu’on attend, même plutôt ce qu’on attend s’il le décide d’ailleurs, capable de faire seul mais aussi capable de demander de l’aide, de trouver ses limites, de savoir si celle à laquelle il se heurte est du genre qu’il peut repousser, qui doit l’arrêter ou avec laquelle il peut négocier.

Voilà, maintenant et pour quelques années, les rentrées scolaires se conjugueront prof et élève dans notre tanière.

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2 réflexions sur “Rentrées

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