1, 2, 3, 4 jeudi (16) spécial Pennac (plus une photo et un tantinet de Brassens)

Jeudi citation

C’est Verdun, avec ses six mois d’existence et de colère, Verdun et ses petits points serrés face au monde. […]

– Pourquoi cette robe ? Verdun se marie, elle aussi ? […]

– Mais non, Benjamin, tu le sais bien, voyons, c’est le jour de son baptême aussi.

Ah ! Pardon, j’avais oublié ce détail. Pour se marier religieusement, Clara a dû se faire baptiser et a décidé d’entraîner Verdun dans la course aux auréoles. En apprenant ça, les mirettes du Petit se sont arrondies de convoitise derrières ses lunettes rouges ; il a supplié :

– Moi aussi, je veux me faire pactiser…

Là, tout de même, je me suis montré intraitable :

– Tu pactiseras quand tu auras l’âge de raison Petit, comme Verdun !

Car j’en suis convaincu, Verdun, dans sa fureur première, est née avec l’âge de toutes les raisons. Et si j’ai donné mon accord, c’est qu’il me paraît peu probable qu’on arrive à la baptiser sans le sien. Elle bout de rage, Verdun, elle va faire évaporer le bénitier ! »

PENNAC, Daniel. La petite marchande de prose. Gallimard, « Folio », 1989. 402 p. (p. 58)

Jeudi citation bis

– Je ne voudrais pas te raconter mes campagnes, mais en 44, avant Monte Cassino, les Anglais m’envoyaient souvent derrière les lignes allemandes, du côté de Medjez-el-Bab, dans les montagnes tunisiennes. J’étais déjà noir à l’époque, je me fondais dans la nuit, j’avais du plastic plein ma musette, et j’éprouvais la même chose que toi aujourd’hui : un déplaisant sentiment de clandestinité.

– Tu avais au moins l’honneur pour toi, Loussa…

– Je ne vois pas ce qu’il y a d’honorable à chier dans son froc en écoutant les buissons parler allemande… Et puis, je vais te dire une bonne chose : l' »honneur » est une question de perspective historique. 

(idem p. 159)

Jeudi une photo

« …contre un coin d’parapluie, je n’perdais pas au change, pardi » (Brassens)

Jeudi 100 mots de la page 100

…bec en attendant : ai-je du talent, madame, ai-je du génie ?

– Un beau brin de plume, en tout cas, mon cher Joinville, je suis obligée de le reconnaître ; suivez mes conseils et vous volerez plus haut que certains… Ah ! vous voilà, Malaussène ?

La Reine Zabo congédie le jeune écrivain, le renvoie avec son manuscrit pour six mois de travail, et m’introduit dans son bureau – ou faut il dire son filet ?

– Asseyez-vous, mon garçon… Le petit Joinville, là, vous avez déjà lu quelque chose de lui ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

– Si je m’y connaissais en parfum, je reconnaîtrais peut-être son after-shave.

(idem p. 100)

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1, 2, 3, 4 jeudi (15)

Jeudi citation

« De plus, vous m’accusez de légèreté, mais il me semble que c’est vous qui parlez bien légèrement du « metier de l’art » – comme on dirait « le métier des armes ». Un métier ! Est-ce seulement possible que c’en soit un ? A moi, il me semble qu’un métier ne vous engage qu’à demi, et ne vous procure, s’il est bien fait, qu’une petite satisfaction d’amour-propre. On y renoncerait cependant bien volontiers en échange de la garantie d’être payé toute sa vie à ne rien faire […]. Mais l’art, à l’inverse, ne se troque pas contre l’argent. Je n’ai jamais rencontré un peintre qui dise sincèrement : « Qu’on me donne une rente de mille frances et j’arrête de peindre ! » Donnez mille francs à un peintre, il les dépensera en peinture, en toiles, en voyages, et peindra deux fois plus. Supprimez-lui cette rente, il volera ses toiles, fabriquera ses couleurs, mendiera son pain, et peindra toujours.« 

PERCIN, Anne. Les Singuliers. Editions du Rouergue, « Babel », 2014. p. 102

Jeudi une recette

Recette de mousse au chocolat archi facile, légère et même veganne, découverte grâce à une copine et collègue.

1 – Faire fondre 200g de chocolat noir pâtissier.

2 – Dans un mixeur, déposer 400g de tofu soyeux et le chocolat fondu. Mixer pendant 1 bonne minute.

3 – Réserver au frais pendant 4h minimum, depuis la veille au mieux.

Voilà. C’est tout.

Jeudi une photo

Aux pieds de Maguelonne

 

Jeudi 100 mots de la page 100

« …gros câlin qui sentait la pomme. Le chat de la coloc est revenu se glisser dans nos pattes, juste parce qu’on était sur son chemin en allant vers la fenêtre. Celle-ci était ouverte. Le matou a sauté sur le rebord et s’est mis à caresser de la tête les rambardes en fer forgé

– Il est en repérage, c’est ça ?

– Oui, ça fait partie de ses plans. Mais le sixième étage, c’est un peu haut. Il hésite, à mon avis.

– Dégonflé. Il s’appelle comment ?

– Friponnet.

– Non ? Mais c’est ridicule ! Il a raison de fuir. Vas-y, mon gros, je suis avec toi ! »

PERCIN, Anne. Comment maximiser (enfin) ses vacances. Editions du Rouergue, « doado », 2017. p. 100

 

Pix : 1 – Van Gogh peignant des tournesols, Paul Gauguin, huile sur toile, 1888 via Wikimédia Commons ; 2 – Einladung_zum_Essen via Pixabay ; 3 – Moi ; 4 – Alexas_Fotos via Pixabay

 

1, 2, 3, 4 jeudi (14)

Jeudi citation

« Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l’on pourrait s’apitoyer sur son sort. Un moment spécifique. Un moment qui ne soit occupé ni par le boulot, ni par la bouffe, ni par la digestion, un moment parfaitement libre, une plage déserte où l’on pourrait mesurer pénard l’étendue du désastre. Ces mesures dans l’œil, la journée serait meilleure, l’illusion bannie, le paysage clairement balisé. Mais à penser à notre malheur entre deux coups de fourchette, l’horizon bouché par l’imminente reprise du boulot, on se gourre, on évalue mal, on s’imagine plus mal barré qu’on ne l’est. Quelques fois même, on se suppose heureux ! »

PENNAC, Daniel. Au bonheur des ogres. Gallimard, « Folio », 1985. p. 258

Jeudi p’tits liens

Une BD (que vous avez sans doute déjà croisée, elle tourne bien) sur la charge mentale

Une vidéo sympathique avec des animaux qui rencontrent leurs reflets

Le gif qui m’a faite buguer

Jeudi une photo

Jeudi 100 mots de la page 100

« …de vingt ans. Nous sommes trop voraces pour eux et ils sont trop finauds pour nous. Quant à moi, en bonne pillarde que je suis, je prends ce qui me tombe de plus précieux sous la main et je rentre par le premier bateau. Attendez moi, j’arrive.

Votre Louise.

– Et qu’est-ce qui lui est tombé sous la main ? demanda Pastor.

– Mon père. Le plus petit Tonkinois du Tonkin. Elle, c’était une grande fille du douzième arrondissement, Tolbiac, tu vois ? Les entrepôts de Bercy. C’est là que j’ai grandi.

– Si on peut dire.

– Dans le pinard, gamin. Un fameux petit Gamay. »

PENNAC, Daniel. La fée carabine. Gallimard, « folio », 1987. p. 100

Pix : 1 – DigiPD via Pixabay, 2 – Moi, 4 – aischmidt via Pixabay

1, 2, 3, 4 jeudi (13)

Jeudi citation

« – Métiers antérieurs ?

Bigre, l’énumération risque d’être longue : manutentionnaire, barman, taxi, prof de dessin dans une institution pieuse, enquêteur-savonnettes, j’en oublie probablement, et Contrôle Technique au Magasin, mon dernier boulot.

– Depuis ?

– Quatre mois.

– Ca vous plaît ?

– C’est comme tout. beaucoup trop payé pour ce que je fais, mais pas assez pour ce que je m’emmerde. »

PENNAC, Daniel. Au bonheur des ogres. Gallimard, « Folio », 1985. p. 32

Jeudi quelques liens

Des choses qui m’ont interpellées sur le net ces derniers jours… Cette vidéo de Christiane Taubira, cet article à propos des algorithmes de Facebook, ce thread à propos des manifestations (lien vers le 1er tweet, la suite en dessous), et celui-ci sur l’incinération et l’archéologie, cet article sur la neurologie du post partum (qui explique notamment pourquoi souvent les bébés tètent mal à la naissance), des collégiens proposent 15 mesures pour améliorer leur scolarité, Anne Percin a sorti un 4e tome des aventures de Maxime Mainard (si vous aussi vous avez crié « Maxiiiiiiiime », même intérieurement, vous savez) et on a enfin la date de parution du troisième tome de La Passe Miroir de Christel Dabos.

Jeudi une photo

 

Jeudi 100 mots de la page 100

« – Bon, tu dois te présenter maintenant, annonça Cal.

– Me présenter ? A qui ?

– Ben, à ton lit ! 

Tara regarda le baldaquin et se dit que Cal voulait se moquer d’elle. Mais il avait l’air très sérieux.

– Pardon ! dit-il avec un sourire d’excuse, j’oubliais que tu ne connaissais pas AutreMonde. Il te suffit de te tenir devant le lit et de prononcer ton nom. Après ça il te reconnaîtra. Tu seras la seule à pouvoir y pénétrer, avec la gouvernante et l’intendant. Sauf si tu invites quelqu’un bien sûr. Tu devras faire la même chose pour l’armoire.

Tara s’avanças vers le lit… »

AUDOIN-MAMIKONIAN, Sophie. Tara Duncan : les sortceliers. Seuil, 2003.

1, 2, 3, 4 jeudi (12)

 

Jeudi incipit

(Le prochain de ma « pile à lire »)

« Chapitre I

Pouvoirs et mensonges

Elle… flottait. En chemise de nuit, à un demi-kilomètre du sol. Ce qui a priori n’étais pas une situation tout à fait… normale.

Tara déglutit, agita un peu les pieds, et à son grand soulagement ne tomba pas.

D’accord. 

Elle était en train de faire un songe pour la moins bizarre. Elle rêvait qu’elle volait au-dessus… d’une autoroute ! Soudain, à sa grande frayeur, elle plongea et survola une puissante limousine noire, se déplaçant sans effort à la même vitesse. Il faisait nuit et la lune illuminait paisiblement les villes et villages endormis du Sus-Ouest de la France. A l’intérieur de la voiture, quatre formes sombres restaient calmes, prudemment respectueuses du silence de la cinquième. Qui éclata soudain de rire, les faisant tressaillir. 

– Enfin ! jubila l’homme. Quel honneur et quel plaisir d’être celui qui va détruire la puissante Isabella Duncan ! Nous serons à Tagon dans quelques heures. Nous attaquerons la nuit prochaine. Tenez-vous prêts !

Tara sursauta. Isabella Duncan ? Sa grand-mère ? »

AUDOIN-MAMIKONIAN, Sophie. Tara Duncan : les sortceliers. Seuil, 2003.

Jeudi 4 Ghibli

Une recette : la soupe de Ponyo sur la Falaise, par Mère Geek

Un carnet ? Je ne sais pas lequel choisiiiiiiiir (pour mon prochain bullet journal). Même si celui-ci me parle pas mal.

Mot d’enfant : Peanuts a enfin vu Mon voisin Totoro en entier. Et il l’appelle « Rotro ». Mais surtout, les chapitres qu’il demande en boucle c’est ceux où on voit « la maman bleue ». Ce môme me décontenance.

Dame ambre a trouvé ceci. On les veut !

Jeudi une photo 

Guirlande bidouillée par lili

Jeudi 100 mots de la page 100

« …de votre discrétion, Monsieur Malaussène.

Son style m’emmerde. Je le lui dis. Je lui dis aussi que les conditions ont singulièrement changé. Il pleut des bombes dans son Magasin. La police cherche un bombardier. On passe au crible les sujets de mécontentement de tous les employés. Et celui qui a la plus mauvaise presse, c’est moi, puisque je me fais engueuler du matin au soir. Il ne me paraît donc pas monstrueux d’expliquer clairement ma situation au super flic, pour qu’il n’aille pas s’imaginer que je passe mes nuits à piéger la boutique pour me venger de mes déboires diurnes. »

PENNAC, Daniel. Au bonheur des ogres. Gallimard, « Folio », 1985. p. 100

Pix by… 1. Werner22brigitte via Pixabay ; 2. Kyla Duhamel via Flickr ; 3. Moi ; 4. Jeangagnon via Wikimedia Commons

1, 2, 3, 4 jeudi (11)

Jeudi citation

« Les petites filles obéissantes vont au paradis. Les autres vont où elles veulent »

Carte postale

Jeudi mammouth

Je n’ai jamais vraiment fait publicité à mon compte sur le réseau de l’oiseau bleu ici, notamment parce que j’y ai un compte privé et que je suis loin d’accepter toutes les demandes d’inscription. Pourtant, j’y passe du temps et j’y échange beaucoup. Et voilà qu’un nouveau réseau social a fait son apparition : mastodon. Si vous êtes un peu geek, que vous connaissez des geeks, ou que vous vous intéressez un peu à l’actualité d’Internet, vous en avez sans doute entendu parler.

Il s’agit d’un réseau social décentralisé et open source, qui ressemble pas mal à Twitter (et même plus précisément à Tweetdeck dans son interface) : il s’agit de microblogging mais on a 500 caractères au lieu de 140, les pouets (équivalent des tweets) s’affichent dans l’ordre chronologique, et surtout, on peut ajuster la confidentialité de chaque pouet. C’est-à-dire qu’on peut décider que tel pouet sera partagé avec l’Internet mondialement mondial mais que le suivant ne le sera pas.

Si vous voulez en savoir plus, cet article présente bien la bestiole et celui-là donne les principaux mots de vocabulaire à connaître. Il y a plein de choses en ligne, comme cet article pas mal de TV5monde et ce tuto pour s’inscrire, je vous laisse chercher le reste.

Personnellement, j’ai adopté le mammouth. Je suis lizly@mamot.fr (j’ai choisi l’instance de la Quadrature du Net) On se retrouvera peut-être là-bas.

Jeudi une photo

Sous les galets, la plage.

Une photo qui s’est prise toute seule.

Jeudi 100 mots de la page 100

« …j’ai la crainte terrible qu’ils aient fini la course depuis longtemps et qu’ils soient sortis faire du jonglage avec un brassard ou envoyer des SMS à leurs copines. C’est pas fair-play !

Mais j’entends avec soulagement des bruits d’éclaboussures derrière moi. Le nœud d’angoisse dans mon ventre se dénoue. Au bout de longues secondes, la main de Peter s’abat près de la mienne, puis celle de roman de l’autre côté, une seconde plus tard. roman est tout essoufflé et a l’air réellement impressionné. Même Peter se fend d’un haussement d’épaules pour admettre ma supériorité. Je souris. Louise Brown est de retour. »

LUURTSEMA, Nat. Moi et les aquaboys. Gallimard jeunesse, 2016. p. 100

Traduction d’Emmanuelle CASSE-CASTRIC

Pix by… : 1 – Moi ; 2 – Clker-free-vector-images via Pixabay ; 3 – Moi ; 4 – Pexels via Pixabay

1, 2, 3, 4 jeudi (10)

Jeudi citation

kiss« XXXX: Mon ami Amir à besoin de soin, il es malad, vire-moi 200$ sur mon compte bamcair. Je te promé de te lé rendre.
Erydien: Il a une maladie contagieuse ton ami ?
XXXX: Oui tré contagieuse envoi moi vite à cet adress banqér: XXXXXXXXXXX
Erydien: Et bien embrasse le de ma part. »

Dans Ton Chat

Jeudi réel à prise rapide : 16 février – Aujourd’hui liste à faire sans faute demain

2937239799_cdd0bec5ca_mLaver les draps, plier le linge, étendre le temps au soleil, guetter le printemps. Remplir le frigo, les placards,  le garde manger, vérifier qu’il ne contient pas de loup ou alors qu’il reste suffisamment le poireaux et de carottes pour le cuisiner. Ecrire quelques mots, ouvrir un livre, faire vivre le jour, être. Aimer, des gens, des choses, des goûts, des moments, des lumières, un chant. Travailler, lécher, avancer, préparer, faire progresser. Retrouver, serrer, embrasser, discuter, tenter de se faire partager, reprendre. Et surtout des listes.

Jeudi une vidéo

Jeudi (pas tout à fait) 100 mots de la (pas tout à fait) page 100

chouette« […] matin, rentre tard et ne pose pas trop de questions.

Devant la bergerie, une fille en minijupe s’étirait langoureusement. Elle était jeune, belle, avec des jambes sans fin et des seins moulés dans un tee-shirt « Savage Girl ». Gabriel baissa la tête, Vincent esquissa un petit sourire. Il coupa le moteur et sortit de la voiture.

-Passe me voir au potager, j’y suis tous les matins à l’aube. Tu veux mon numéro de portable en cas de pépin ?

– Je n’en ai pas. Pas de téléphone, je trouve que ça ne sert à rien….

– T’es vraiment pas banal, Gabriel.

– Il paraît. »

WITEK, Jo. Le Domaine. Actes Sud Junior, 2016. p. 99

(La page 100 est blanche)

Notes de bas de page :

– Vidéo par Fabrice de Boni et Axel Lattuada via Youtube

– Pix : Smiley Fabian Alexis via Wikimédia Commons ; Post-it par Georgio Montersino via Flickr ; Chouette Athena Noctua par Trebol-a recadrée par Tony Wills via Wikimédia Commons

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1, 2, 3, 4 jeudi (9)

Jeudi citation

blues« Quand tu joues du blues, Minnie, c’est comme si tu riais et pleurais en même temps. Le blues, c’est comme un tout petit nuage dans un beau ciel d’après-midi. Un petit nuage, tout fin, tout blanc, mais qui te serre le ventre, sans que tu saches trop pourquoi. Tu comprends ? Mais le blues, c’est aussi comme une éclaircie qui travers un orage ou comme une cerise juteuse sur un gâteau trop sec. Ça… Ça peut te faire rie aux éclats quand tu devrais tomber, les genoux dans la boue. Tu vois ? »

KOËGEL, Tristan. Bluebird. Didier jeunesse, 2015, p. 7.

Jeudi nombril

Depuis le début du mois de janvier, je m’intéresse à comprendre pourquoi je ressens cette envie peu contrôlable de me ronger les ongles (et la peau autour des doigts). Je pensais le faire essentiellement quand je suis stressée et que je ne me sers pas de mes mains. Et bien ce n’est pas si vrai. Je le fais essentiellement quand j’attends et que je m’impatiente. En voiture quand ça bouchonne (voire aux feux), en particulier sur le chemin du retour du travail alors que Peanuts m’attend à la crèche, dans les files d’attente si je suis pressée, quand je suis prête et que j’attends que Celuiquej’aime le soit (donc très souvent), quand j’attends que Peanuts se décide à insérer ici environ tout ce que je lui demande de faire dans une journée (ex : à descendre de la voiture pour qu’on rentre à la maison)

Finalement, je me ronge les ongles parce que je ronge mon frein.

Jeudi une photo

17-01-16-3

Peanuts par Peanuts,

autoportrait au téléphone, 16 janvier 2017

Jeudi 100 mots de la page 100

« 18 avril 1945.

Paris.

rose-beautiful-beauty-bloomJ’ai choqué une femme de chambre. Ou quel que soit le titre qu’on leur donne en France ! J’ai oublié d’accrocher le panneau « Ne pas déranger » sur la porte, et elle est entrée pour faire le lit et nettoyer la salle de bains. J’étais assise à la petite coiffeuse, que j’avais tirée devant la haute fenêtre, et j’écrivais toute nue. Certes, je m’étais enveloppée de cet incroyable dessus-de-lit en soie, mais il a glissé de mes épaules quand je me suis retournée pour voir qui entrait.

Seigneur ! nous étions toutes les deux tellement GÊNÉES ! Je ressemble à un cadavre. »

WEIN, Elizabeth. Roses sous les bombes. Castelmore, 2015. p. 100

 

Note de bas de page :

Crédits photos : 1 – Billy Branch par Guido Nardy via Flickr ; 4 – Rose via pexels

1, 2, 3, 4 jeudi (8)

Jeudi citation

cinema« – Tu lis quoi ?

La Voleuse de livres de Zusak.

– Ah oui ! C’est tiré d’un film.

– Non, tête de noeud, c’est le film qui est tiré du livre ! La littérature précède toujours le cinéma.

– Pourquoi ?

– Parce que les cinéastes manquent d’idées alors ils vont les chercher là où il y en a. »

CONSTANT, Gwladys. Même les profs ont une famille ! Oskar éditeur, « La vie », 2015. p. 58

Jeudi écouter

communication-1296385_1280Récemment, j’ai posté sur Facebook et Twitter un propos assez similaire qui disait que je ne me sentais pas à la hauteur en tant que mère pour Peanuts alors qu’il était dans une période de contestation systématique et qu’un rien pouvait provoquer de longues crises de hurlements (il a deux ans, quoi).

Sur Twitter, où je n’échange qu’avec des gens rencontrés d’abord en ligne, mes tweets ont été accueillis par des démonstrations de réconfort (câlins, #hugs, :-* et autres gif animés), des échanges visant à m’aider à comprendre pourquoi je réagissais comme je le faisais, comment je pouvais aider Peanuts, des partages des astuces concrètent qui ont fonctionné avec les petiots des autres pour voir si ça m’inspirait et pouvait être adapté à notre situation. Tout cela avec beaucoup d’empathie et sans jamais tomber dans la leçon de morale.

Sur Facebook  où je ne suis essentiellement « amie » – c’est idiot la terminologie parce que j’ai plus d’amis sur Twitter que sur Facebook – avec des collègues de boulot et des personnes que j’ai d’abord connues IRL, on m’a répondu « ah ben et encore tu n’as rien vu », « je t’échange ton deux ans contre mon ado », « Arrête de stresser », « Et moi, mon gamin il est encore plus insupportable que le tien » (les guillemets n’entourent pas de véritables citations mais si je ne répète pas au mot prés, la substance et l’essentiel de la forme sont là). Rarement un de mes statuts Facebook n’aligne autant de réactions.

Je sais que dans les deux cas, l’intention était sympathique, que les réactions se voulaient réconfortantes. Mais sur Twitter, je me suis sentie soutenue alors que sur Facebook, pas du tout. Sur Twitter, mon problème a été entendu (je ne me sentais pas à la hauteur en tant que maman, je ne savais pas comment réagir, je n’aimais pas mes réactions) alors que sur Facebook, on a rapporté ça à la faute de Peanuts et surtout, on a minimisé. J’ai lu « tu n’as pas à te plaindre parce d’autres vivent des situations bien pires, avec plusieurs enfants, plus vieux, à des âges autrement plus compliqués », « ton désarroi n’est pas légitime ».

A tel point que j’ai supprimé mon statut. Parce que je ne vivais pas très bien les réactions et parce qu’une « amie » a répondu à une autre sur un ton que je n’ai pas trop aimé. A une autre qui avait, pourtant, eu une des deux seules réactions qui m’avaient réconfortée.

Cette anecdote a deux « morales ». D’abord, que je veux vivre dans ma TL parce que les gens qui j’y fréquente ont un sens de l’être ensemble que je ne rencontre jamais IRL. Ensuite, et surtout, qu’on a beau avoir les mêmes intentions, les mots qu’on emploie et la manière dont on communique vont faire la différence.

Je n’en ai pas parlé dans mes envies de l’année mais je voudrais me sensibiliser à la Communication Non Violente (CNV). Cet acronyme, je l’ai découvert au fil de discussions sur Twitter, plusieurs des personnes avec qui j’échange régulièrement sur Twitter en suivent les principes. Et aujourd’hui, l’une d’elle, Georgia, a twitté ce lien que j’ai trouvé particulièrement réussi. Et qui rejoint vraiment l’expérience que je partageais.

J’ai l’intention de creuser la question. A suivre, donc.

Jeudi une photo

Jeudi 100 mots de la page 100

fuchsia-633645_1280« …qu’ils se connaissent depuis longtemps et se comporte comme si elle était son ainée. On croirait un maître et son valet qui ne se seraient pas quittés depuis des décennies.

– Il m’a appris que tu étais une experte en matières de potions.

– C’est très élogieux de sa part. Il est vrai que je les affectionne particulièrement. Je n’emploierais jamais un instrument aussi grossier qu’un couteau pour mutiler quelqu’un. Les potions offrent davantage de souplesse et de précision que la plus affûtée des lames. Je peux par exemple te contraindre à avaler ta langue en te faisant absorber un certain élixir. »

GREEN, Sally. Half bad tome 2 : Nuit rouge. Milan, 2015. p. 100

Mon #jeudilecture

 

Notes de bas de page :

Crédits photos : 1 – Juanedc via wikimedia commons ; 2 – OpenClipart-Vectors via Pixabay ; 3 – Moi ; 4 – Rosidaisybop via pixabay

–    <W<X    N BB BN B ?./

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1, 2, 3, 4 jeudi (7)

Jeudi citation

<geek_killer> Je dois te raconter une bonne!
<geek_killer> orange a de nouveau installé un émetteur
<geek_killer> pour tel mobile et tout
<geek_killer> Les habitants du patelin se sont mis à se plaindre d’insomnies et tout…
<geek_killer> Le commentaire d’orange :
<geek_killer> « Qu’est-ce que ça risque de devenir quand nous aurons allumé ce truc ? »

DTC, bien entendu

Jeudi la poétique

Et v’là que j’t’anonymise les prêts, que j’te supprime les orphelines, que j’change par lots à tout va, que j’mets en cohérence les nomenclatures, j’accroche le générique, retranche le spécifique, je suis une paléontologue du thésaurus, une archéologue de la notice sans exemplaire, une généalogiste du pilonné, du perdu, du jeté, du volé. Je bichonne ma base, c’est mon côté maniaque, je fais taire les bruits, ils m’horripilent.

Paragraphe inspiré des dernières tâches de gestion de ma base documentaire. Le vocabulaire de mon métier a une forme de poésie, je trouve.

Jeudi une photo

IMAG0010Linceuls, Ernest Pignon Ernest, MAMAC, Nice

Jeudi 100 mots de la page 100

A la naissance, il est déjà différent de ses frères ! Oui, àla naissance, il a déjà neuf mois de vie…

Les progrès des échographie ont pu mettre en évidence que le fœtus réagit au discours de sa mère. Pour tester les réactions fœtales à son environnement, les expérimentateurs mesurent les mouvements de déglutition. Ceux-ci augmentent quand sa maman s’adresse à lui et diminuent quand maman parle avec une copine. Les chercheurs ont même pu montrer, films à l’appui, que l’enfant réagit aux pensées de sa mère. Ce n’est finalement pas si étrange, puisque nos pensées ont un substrat physiologique et […]

FILLIOZAT, Isabelle. Il n’y a pas de parent parfait. Marabout, « Marabout Poche », 2008, p. 100